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Logo Claire Elmosnino . ébéniste
Hier, j'ai eu 54 ans.
Demain, mon entreprise aura 7 ans, l'âge de raison.

Cette introduction n'est pas uniquement destinée à vous inciter à m'envoyer des messages d'anniversaires (que j'espère néanmoins nombreux) et je vous invite à lire la suite pour comprendre.

J'ai créé mon entreprise le 1er mars 2019.
Le mois suivant, j'ai suivi avec une dizaine d'autres artisan-es ma première formation à la Chambre des Métiers intitulée "calcul des coûts de revient et des prix de vente".
Pour résumer, il s'agissait de rentrer dans un tableur les montants de toutes ses charges fixes et variables, sa capacité de production annuelle (temps d'atelier), son salaire souhaité, son chiffre d'affaires prévisionnel et hypothétique...
Ceci afin de connaître son seuil de rentabilité, calculer son taux horaire puis ses coûts de production et enfin les prix de vente qui devaient permettre à nos entreprises de prospérer ou a minima de ne pas couler.

J'ai deux souvenirs précis de cette formation.
Tout d'abord ma voisine qui avait calculé son temps de travail annuel sans prévoir aucun congés et en travaillant 6 jours sur 7. Je me demande ce qu'elle est devenue.
Et puis cet avertissement du formateur : "Ne vendez jamais un produit au coût de production sans marge pour avoir un 'prix d'appel' qui attire les clients. Si ça marche et que ce produit devient votre produit phare, vous perdrez de l'argent."
...
Vous devinez la suite ?

A l'été 2020, après ma première année complète d'exercice - et quelques semaines de confinement, j'ai créé ma boutique en ligne.
J'ai actualisé tous les chiffres dans mon tableur et il m'a affiché le coût de production d'un galet : 48 euros.
J'avais 48 ans.
J'ai aimé cette coïncidence et décidé que ce serait le prix de mes galets à message.

Je n'y ai pas appliqué les indispensables marges qui permettent d'avoir de la trésorerie pour faire face aux imprévus, à l'inflation, à l'entretien des machines, aux achats d'outils, remplacement d'ordinateur... et espérer vivre de son activité.
Alors que je l'ai fait pour mes autres pièces.
J'espérais que ce tarif "raisonnable" me permettrait de faire découvrir mon travail au plus grand nombre.
J'ai fait exactement ce qu'il ne fallait pas faire.

Mes galets à 48 € sont mes meilleures ventes.
C'est grâce à vous et je ne vous en remercierai jamais assez.
A chaque nouvelle commande, à chaque fois que vous prenez le temps de m'envoyer un message après avoir reçu votre colis, mon coeur tressaute de joie.
Mon changement de vie était une quête de sens. Je l'ai trouvé dans la création et vous le multipliez à chaque fois que vous achetez une de mes pièces.

Mais la réalité est que je suis tout sauf une entrepreneure et que j'ai bien peu confiance en moi.
Depuis 7 ans, j'ai peur d'augmenter mes prix.
J'ai toujours peur, mais je vais le faire quand même.
Parce qu'aujourd'hui, j'assume de trouver cette situation injuste : je ne valorise pas correctement mon travail, ce qu'il porte et ce qu'il vous apporte.

Voilà l'objet de ce mail : vous prévenir que le prix de mes galets va augmenter et qu'il dépassera mon âge.
Je vous invite donc à vous faire plaisir maintenant et profiter de leur prix actuel avant le 20 mars, jour du printemps 🌱, du renouveau.

L'âge de raison s'accompagne aussi d'un tri dans mes pièces - un grand ménage de printemps - et un vide-atelier à petits prix qui restera en ligne jusqu'au 20 mars aussi.

J'ai envie d'une page blanche. J'ai encore plein d'histoires à écrire.

A bientôt pour le prochain chapitre,

Claire

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